Antigone est amenée devant Créon, brutalisée par les gardes qui la tiennent par les bras. Elle proteste avec dignité qu’elle n’a pas besoin d’être maltraitée puisqu’elle ne s’enfuira pas, se présentant fièrement comme « la fille d’Œdipe ». Les gardes, grossiers, plaisantent lourdement sur son identité et son sort, comparant son arrestation à celle de prostituées ramassées la nuit. On apprend, dans un échange particulièrement cru, qu’elle a été surprise en train de recouvrir une deuxième fois le corps de Polynice avec ses mains nues, après qu’on lui eut confisqué sa petite pelle lors d’un premier passage. Les gardes discutent avec insouciance de la récompense qu’ils espèrent toucher et de la façon dont ils vont fêter l’événement, indifférents à la portée tragique de la scène. Créon arrive, surpris de trouver une jeune fille arrêtée, et ordonne qu’on la libère de ses menottes. Le premier garde raconte alors en détail comment il a surpris Antigone en plein jour en train de gratter frénétiquement la terre au-dessus du cadavre. Créon confirme avec elle que c’est bien elle qui a agi, la première fois de nuit avec la pelle de fer de Polynice (portant son nom gravé), la seconde fois de jour avec ses mains. Il fait alors sortir les gardes et se retrouve seul avec Antigone.
