Après le départ d’Ismène, la Nourrice revient porter du café et des tartines à Antigone, l’appelant avec tendresse « mon pigeon », « ma colombe », « ma tourterelle ». Antigone, fatiguée et sans appétit, lui demande de la réconforter comme lorsqu’elle était petite et malade, lui disant que sa main est « plus forte que la mort ». Elle lui fait alors promettre solennellement de ne plus jamais gronder sa chienne Douce, quoi qu’elle fasse, même si elle salit les tapis. Devant l’étonnement de la Nourrice, elle va plus loin et lui demande de continuer à parler à l’animal comme à « une vraie personne ». Puis, la voix soudain dure, elle ajoute que si Douce devenait trop triste à l’attendre, le nez sous la porte, il vaudrait peut-être mieux la faire tuer plutôt que la laisser souffrir. Sous une apparence anodine, presque enfantine, cette scène est en réalité un adieu déguisé : à travers le sort qu’elle règle pour sa chienne, Antigone anticipe et met en scène, sans le dire ouvertement, sa propre mort et la souffrance de ceux qui resteront après elle. La scène se clôt sur l’arrivée d’Hémon.
