Le Chœur annonce que le sort d’Antigone est scellé et que le tour de Créon approche. Le Messager surgit alors, hors d’haleine, cherchant la reine, et raconte au Chœur la scène terrible qui vient de se dérouler : Antigone a été murée vivante dans une caverne selon la sentence, mais des plaintes se sont bientôt fait entendre du fond du trou. Créon, comprenant instantanément la vérité, a fait rouvrir précipitamment le tombeau — trop tard : Antigone s’était pendue avec les fils de sa ceinture, et Hémon, agenouillé auprès d’elle, la tenait dans ses bras. Lorsque Créon a tenté de relever son fils, celui-ci l’a regardé sans un mot avec un mépris terrible, lui a craché au visage, puis s’est transpercé de son épée en s’étendant contre le corps d’Antigone dans une mare de sang. Créon revient alors sur scène avec son page, dans un état de sidération glaciale, décrivant froidement les deux amants « couchés l’un près de l’autre », « comme deux amants au lendemain de la première nuit ». Le Chœur lui apprend une dernière tragédie : Eurydice, la reine, en apprenant la mort de son fils, s’est tranquillement tranché la gorge dans sa chambre, après avoir terminé son rang de tricot, laissant une lettre de pardon et de bénédiction pour Créon.
